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Équateur : l'explosion d'une génération dorée ?

Peu médiatisé malgré sa cinquième participation à une Coupe du Monde, l'Équateur se veut être l'un des probables outsiders de cette édition 2026. Emmené par une équipe qui a brillé lors des qualifications et par la présence de certains joueurs indispensables dans les gros clubs européens, cette génération équatorienne souhaite surpasser le meilleur parcours de l'histoire de la sélection au Mondial : un huitième de finale perdu face à l'Angleterre (1-0) en 2006. Depuis, deux éliminations de suite en phase de groupe, notamment au Brésil en 2014 puis au Qatar en 2022 , laissant un sentiment d'inachevé à une jeune sélection revancharde.


Crédits : RMC Sport
Crédits : RMC Sport

Une campagne de qualifications historique


Tout n'avait pas commencé de la meilleure manière pour la sélection équatorienne.

Sanctionnée de trois points de pénalité avant même le premier match des éliminatoires pour

le Mondial, la Fédération équatorienne de football avait écopé de cette peine pour avoir

partagé de faux documents et falsifié le passeport du latéral Byron Castillo avant la Coupe

du Monde 2022. Un retrait de points handicapant avant de démarrer une campagne aussi

relevée que la zone CONMEBOL et toutes ses valeureuses sélections. Ce ne fut pas un

problème pour l'Équateur, qui a terminé deuxième de ces qualifications derrière l'Argentine,

devançant des sélections majeures comme le Brésil ou l'Uruguay. Le plus impressionnant

est le bilan comptable de ces éliminatoires : 8 victoires, 8 nuls, 2 défaites. Une régularité

folle faisant de cette campagne de qualification la meilleure de l'histoire de la sélection.

L'Équateur s'est même donné le luxe de vaincre les Argentins (1-0) sur leur sol, à

Guayaquil, pour conclure cette campagne en septembre 2025.



La forteresse équatorienne


En 18 matchs de qualifications pour le Mondial, l'Équateur n'a encaissé que 5 buts. Un

chiffre significatif de la performance défensive de la sélection. Encore plus notable : la

dernière défaite équatorienne remonte au 7 septembre 2024 face au Brésil (1-0). Depuis, la

sélection a imposé un style de jeu porté sur des pressings très intenses, avec pour ambition

de ne laisser aucun espace à l'adversaire pour développer son jeu. Le sélectionneur

Sebastián Beccacece, en place depuis août 2024, ne cache pas l'influence de Marcelo

Bielsa dans son système de jeu en 4-2-3-1. Sa muraille défensive se compose d'un quatuor

inchangé : Joël Ordoñez à droite, William Pacho et Piero Hincapié dans l'axe, Pervis

Estupiñán à gauche. Sans oublier Moisés Caicedo, milieu infatigable qui récupère tous les

ballons au milieu de terrain. Grâce à cette rigueur défensive, l'Équateur ne concède

qu'environ un tir cadré dangereux en moyenne par rencontre.



Une génération qui explose en Europe


Un nouveau regard sera porté sur cette sélection grâce à ses cadres qui ne cessent

d'impressionner les amateurs de football dans les plus grands clubs européens. William

Pacho, titulaire au PSG, vient de remporter sa deuxième Ligue des Champions avec le club

parisien en confirmant son statut d'indiscutable. Piero Hincapié, lui, s'est imposé dans la

défense d'Arsenal avec un titre de Premier League à la clé. Moisés Caicedo est

incontournable dans le milieu de terrain de Chelsea depuis son transfert de Brighton à 116

millions d'euros. Des jeunes espoirs cristallisent aussi l'attention, comme Kendry Páez, 18

ans, milieu offensif passé par Strasbourg et désormais prêté à River Plate par Chelsea, qui

apporte une vivacité et une folie balle au pied au jeu équatorien. Nilson Angulo, débarqué à

Sunderland en janvier 2026, est à 22 ans l'un des ailiers prometteurs de la sélection et

pourrait profiter d'une grande compétition pour se révéler aux yeux de tous. Comment ne

pas citer le capitaine et meilleur buteur de l'histoire de la sélection : Enner Valencia. À 36

ans, l'ancien attaquant de West Ham et de Fenerbahçe rempile pour sa troisième Coupe du

Monde et guidera ses coéquipiers vers un parcours qui pourrait être historique. Tous ces

joueurs offrent une reconnaissance à la Tri dans un football mondial qui a longtemps

considéré le football équatorien comme secondaire.



Des supporters frustrés ?


Une équipe a toujours son talon d'Achille ; celui de l'Équateur est surtout offensif. La

sélection n'a inscrit que 14 buts lors des qualifications, le plus faible total parmi les équipes

qualifiées dans la zone CONMEBOL. Oui, la défense équatorienne est efficace, mais ses

atouts offensifs restent encore très limités.Si la stratégie du sélectionneur Beccacece

fonctionne d'un point de vue comptable, elle divise cependant des supporters équatoriens

qui attendent autre chose qu'un bloc bas et des transitions rapides pour espérer marquer.

Les 8 matchs nuls concédés durant les éliminatoires se sont tous soldés par un 0-0 et vus

comme des supplices pour des supporters très méfiants face à cette tactique défensive. Une

mobilisation collective est attendue afin d'obtenir un rayonnement offensif plus décisif durant

la compétition.



De quoi rassurer : l'Équateur a remporté ses deux matchs de préparation avant de s'envoler

pour les États-Unis, avec une victoire 2-1 face à l'Arabie Saoudite et 3-0 face au Guatemala.

La Tri a été fixée et se retrouve dans le groupe E avec l'Allemagne, la Côte d'Ivoire et

Curaçao. Un groupe assez relevé mais abordable pour Enner Valencia et ses coéquipiers,

qui tenteront de jouer les trouble-fêtes face à l'Allemagne et à la Côte d'Ivoire pour espérer

la première place du groupe.



La grande question est de savoir si la Tri peut dépasser les huitièmes de finale. Avec une

bonne dynamique, un groupe en confiance et un jeu solide, la sélection équatorienne peut

prétendre à un parcours historique qu'elle attend depuis de nombreuses années. Désormais,

c'est à ce groupe de 26 joueurs de prouver que l'Équateur n'est pas qu'une petite forteresse

sud-américaine, mais bien une sélection de rang mondial.


Alexis Tocqueville


 
 
 

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