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Le Paris Saint-Germain, un tremplin vers l’inclusion

Sur la plaine de Clamart, un groupe d’enfants partage bien plus qu’un ballon. Le programme One Team, lancé par le Paris Saint-Germain et Au tableau !, utilise le football pour inclure des enfants autistes à un groupe !



C’est un mercredi pluvieux et froid, comme le mois de mars en possède parfois, que l’entraînement se déroule. Ce projet est né en 2021 dans le cadre du PSG for Communities.

Le programme vise à favoriser l’intégration de jeunes avec des troubles du spectre de

l’autisme (TSA) par le football. Chaque séance hebdomadaire réunit des enfants autistes et

des enfants neurotypiques en une même équipe.


L’accueil se fait dans la guinguette du CSM Clamart, club qui héberge les entraînements placés sous la responsabilité de Yanis El Jabri, coordinateur des séances. Yanis a 23 ans. Depuis quatre ans, il travaille pour le Paris Saint-Germain. Il évoque rapidement son souhait, né dès l’enfance, de travailler dans le sport, mais aussi avec les enfants. Une relation qu’il a pu concrétiser avec ce programme. Pour lui, le Paris Saint-Germain n’était que l’équipe qu’il supportait, rien de plus. « Je ne connaissais pas cette partie sociale du club », explique-t-il.

Tout en retraçant son parcours, Yanis et son équipe se rendent sur le terrain où l’entraînement doit commencer. Les éducateurs en charge, Elodie, Bakary et Alban, préparent la mise en place du matériel vers 9h45. Les premiers enfants débarquent en trombe. Un bonjour ou un « check » permettent de les accueillir. L’un d’eux, Enzo, fan marseillais habillé de la tête aux pieds en survêtement du club de la capitale, se voit offrir un accueil rempli de taquineries par les éducateurs.



Crédits Photo: Samuel DECESIRY
Crédits Photo: Samuel DECESIRY

« Les enfants TSA ne sont pas encore là », précise Yanis. « Avec ce temps, il se peut que nous ayons des absents », ajoute-t-il. Clémence, psychologue chargée de suivre les jeunes atteints de TSA, souligne que la pluie peut être « un facteur de stress, d’anxiété » pour les TSA, en raison de leur hypersensibilité. Elle évoque « deux mondes » complètement différents à relier par le sport. Les enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme arrivent au compte-gouttes sur la pelouse inondée. Ce matin-là, ils ne sont que quatre. La pluie et le vent ont eu raison de certains. Ceux qui sont présents se montrent timides au premier abord. Le premier à attirer l’attention est Aly, dont la bonne humeur contagieuse perce malgré les 9 degrés.

Merwan, Antoine et Estéban, eux, n’ont qu’une envie, joueur au foot. L’entraînement peut donc commencer comme toujours par un échange entre les enfants et les éducateurs, grâce à un tableau.



Un entraînement comme les autres


Crédits Photo: Samuel DECESIRY
Crédits Photo: Samuel DECESIRY

« Le tableau, c’est un peu le fil rouge de nos

séances », indique Bakary. « Ensuite, les

enfants, on a pour habitude de commencer

par quel atelier ? On commence par un échauffement. » Ils montrent le pictogramme d’échauffement. Toutes ces questions ont pour unique but « de stimuler et valoriser les enfants TSA », rétorque Bakary. « J’ai plus l’habitude de demander aux enfants TSA. Parce que les enfants neurotypiques, je sais qu’ils savent très bien lire, etc. C’est logique pour eux. Mais les TSA, c’est bien aussi de les encourager, et c’est le premier pas vers l’inclusion et un autre type de communication », explique-t-il. Ce tableau a donc pour objectif de créer une routine importante pour les enfants autistes, qui se réfèrent principalement aux habitudes.


C’est dans cette bonne humeur que les enfants partent s’échauffer tous ensemble, sans séparation entre neurotypiques et TSA. « Ils font tous les mêmes exercices », précise Elodie. « Seule l’intensité change » ajoute-t-elle.


Et les enfants du CSM Clamart ne s’ennuient pas ! Les entraîneurs ont réussi à trouver le bon rythme. « Il ne faut pas que cela soit trop facile ou trop dur pour chaque enfant. Il faut trouver un juste équilibre entre les enfants TSA et neurotypiques », indique Yanis. « C’est d’ailleurs la première chose qu’on apprend en formation organisée par le Paris Saint-Germain », précise Bakary. Au fil des minutes, une dynamique particulière se dessine au son des crampons qui foulent la pelouse trempée.



Une relation particulière


Les enfants s’entraident spontanément. « Enzo et Aly sont devenus inséparables », raconte Alban, éducateur spécialisé. Au début du programme, « les enfants neurotypiques restaient davantage entre eux, allant moins vers les TSA » ajoute-il. Mais cette dynamique évolue avec le temps, en particulier grâce au travail des éducateurs et de la psychologue. Une journée de sensibilisation avec Clémence est organisée chaque année pour faire comprendre aux enfants neurotypiques le fonctionnement des enfants TSA. Le goût de l’autre se développe ainsi, dans les deux sens. « On a trop souvent oublié le chemin inverse », souligne Clémence, qui, lors d’une journée de sensibilisation, a vu les enfants TSA lui faire la demande contraire. La curiosité est cultivée des deux côtés. « Le terrain n’est plus un lieu de compétition, mais d’entraide » explique Clémence.


« Aly en est le parfait exemple », explique Alban, son éducateur spécialisé. « Grâce à ces entraînements et aux encouragements de ses petits camarades, Aly a énormément progressé au niveau de sa motricité. On sent que c’est beaucoup plus fluide dans la course, dans les enchaînements à faire. » Une évolution qui peut sembler anodine, mais qui est en réalité essentielle. L’apport des enfants neurotypiques est particulièrement important dans « la guidance », raconte la psychologue. « Les enfants autistes fonctionnent par mimétisme », et avec le football, « la guidance » devient naturelle. Clémence exprime aussi le sentiment de « fierté et d’empathie » que développent les enfants neurotypiques en rejoignant ce programme. Leur contribution à l’évolution des enfants TSA a un impact plus que positif sur leur estime de soi. « La preuve la plus criante est le fait qu’ils reviennent d’année en année », ajoute-t-elle.


Alors pour que chaque progrès soit visible et valorisé, les éducateurs de One Team utilisent des outils d’évaluation adaptés. À la fin de chaque cycle, enfants TSA et neurotypiques sont évalués sur des critères communs. « La solidarité, l’interaction sociale et les compétences techniques » m’indique Bakary. Les éducateurs se rassemblent en fin d’année pour mesurer les progrès des enfants. Les neurotypiques remplissent aussi un questionnaire à compléter, comme me l’indique Yanis, « on leur demande comment ils se sentent, s’ils sont plus à l’aise avec les enfants TSA etc. » Ces traces écrites, combinées aux observations des éducateurs permettent de mesurer l’impact individuel et collectif du programme, et d’adapter les séances en conséquence. Pour compléter cela, le rapport de Clémence vient affiner leurs

observations.


Tout ce travail est possible grâce à l’investissement du club de la capitale. Les multiples projets associatifs du Paris Saint-Germain ne sont pas de simple vitrine associative pour se donner bonne conscience. C’est bien plus que cela.


Investissement et Reconnaissance


Crédits Photo: Samuel DECESIRY
Crédits Photo: Samuel DECESIRY

L’investissement du Paris Saint-Germain dans One Team est à la hauteur de ses ambitions sociales : depuis 2021, le programme s’inscrit dans le cadre de PSG for Communities, l’entité dédiée à l’engagement social du club. En 2023- 2024, PSG for Communities a mené plus de 450 opérations au bénéfice de 15 000 jeunes, portant à plus de 320 000 le nombre total de jeunes bénéficiaires depuis 2000. One Team, programme phare, a été déployé dans plusieurs villes (Clamart, Ivry, Lille, Poissy) et même à l’international (Doha, Qatar). Le club consacre une partie de son budget annuel de responsabilité sociale à ce type d’initiatives. Si le budget exact de One Team n’est pas public, PSG for Communities est porté par un Fonds de dotation créé en 2013, qui recueille des dons de particuliers et d’entreprises pour financer ses actions.


En 2024, c’est la consécration, le programme reçoit le niveau d’or du think tank Sport et Citoyenneté qui a analysé l’impact social du programme au niveau le plus prestigieux (niveau OR). Dans un même temps, One Team a aussi été désigné Grande Cause Nationale 2024 par le ministère des Sports.

Pour le PSG, ce programme est une réussite qui porte ses fruits. C’est un pilier de sa stratégie d’inclusion, qui montre comment le football peut être « un tremplin vers l’inclusion. »



Article de S. Decerisy


Sources : site du PSG, éducateurs présents aux entrainements, psg.fr/psg-for-

Communities/programmes/one-team.

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