top of page

Coupe du Monde 2026 : le Brésil, une nation de football en difficulté.

Qualifié pour sa 23e Coupe du Monde consécutive, le Brésil est la seule nation qui n’a jamais manqué la plus grande des compétitions de football, dont elle a remporté cinq fois le titre. Un statut qui place la Seleção brésilienne comme une référence mondiale. Pourtant, elle n’a plus remporté la compétition depuis 2002 et n’a même plus atteint les demi-finales depuis 2014.


Crédit : SportBuzz
Crédit : SportBuzz

Pour cette édition 2026, le Brésil n’est même plus cité parmi les potentiels vainqueurs, après des résultats décevants lors des qualifications et un effectif qui ne cesse de perdre en qualité, au détriment des supporters brésiliens, touchés par une lassitude face au jeu proposé par la sélection.



Une campagne de qualifications délicate


Débutées en septembre 2023, les qualifications de la zone Amérique du Sud pour la Coupe du Monde 2026 ont été complexes pour la sélection brésilienne. Une cinquième place obtenue sur les six places qualificatives confirme la présence brésilienne au Mondial, malgré dix matchs sans victoire sur les dix-huit rencontres disputées, avec des défaites face à l’Uruguay, la Colombie, le Paraguay, et même deux nuls consécutifs face au Venezuela. Un point de basculement a été atteint lors de la défaite 4-1 face à l’Argentine. Une débâcle pour la Seleção, qui n’avait plus encaissé au moins quatre buts dans un match officiel depuis l’humiliation infligée par l’Allemagne lors du Mondial 2014 avec la défaite 7-1.


L’irrégularité provient aussi du manque de stabilité sur le banc de la sélection : trois sélectionneurs différents se sont succédés depuis le début des qualifications, avec Fernando Diniz, Dorival Junior, et Carlo Ancelotti, en poste depuis mai 2025. Tout n’est pas à oublier pour autant, puisque les Brésiliens ont tout de même réalisé de bonnes performances, avec des victoires notables contre le Chili (3-0) et le Pérou (4-0). Lors des quatre derniers matchs de qualifications, ils n’ont concédé qu’une seule défaite. Un bilan encourageant, mais encore fébrile pour une telle nation.



Un vide générationnel qui inquiète


L’engouement n’est plus au rendez-vous pour certains supporters brésiliens, qui regrettent l’ancienne époque glorieuse du début des années 2000. Un sentiment partagé par certaines légendes du pays, notamment Rivaldo, lauréat du Ballon d’Or en 1999, qui déclarait en 2024 : “C’est triste de présenter un football aussi pauvre. Les supporters ont raison d’être révoltés.”


Le jeu brésilien manque cruellement d’une certaine folie et de la spontanéité qui faisaient sa force. Offensivement, le Brésil est toujours pourvu d’ailiers percutants et de talents évoluant dans les plus grands clubs d’Europe. Pourtant, le manque d’animation offensive et de création de jeu pèse sur cette sélection. Lucas Paquetá, habituellement utilisé comme numéro 10, est à court de forme et n’affiche plus le même rendement qu’en club. Certains ailiers comme Rodrygo se sont retrouvés repositionnés comme créateurs de jeu, ce qui réduit leur impact, car ils ne sont pas habitués à construire le jeu eux-mêmes. Même constat pour les buteurs, en manque d’inspiration, comme Richarlison ou Matheus Cunha, très irréguliers. D’autres peuvent en profiter, comme Igor Thiago, qui réalise une excellente saison avec Brentford, mais ne dispose pas de références internationales avec seulement deux sélections, encore trop peu pour débuter une Coupe du Monde comme titulaire.


Si le panel offensif reste fourni, la qualité des latéraux brésiliens laisse à désirer. Entre les joueurs en fin de carrière comme Danilo ou Douglas Santos, et les joueurs inexpérimentés qui peinent à s’imposer en sélection, notamment Wesley, latéral droit de l’AS Roma, Carlo Ancelotti doit trouver de la solidité dans ses couloirs défensifs malgré la pénurie de joueurs fiables à ces postes. Un casse-tête récurrent pour combler le talon d’Achille de cette sélection.



La menace des blessures


À l’approche de l’annonce de la liste des 26 joueurs retenus pour disputer ce Mondial, la Seleção fait face à une hécatombe de forfaits et de joueurs en manque de rythme. Deux cadres de la sélection sont certains de ne pas faire le voyage aux États-Unis : Éder Militão, malheureux habitué des blessures ces dernières saisons, tout comme Rodrygo, son compère au Real Madrid, victime d’une rupture des ligaments croisés en mars. Alisson, gardien titulaire, vit une saison compliquée et est absent depuis plusieurs mois avec Liverpool. S’il devrait être opérationnel pour la compétition, son état de forme pourrait poser problème.


Lucas Paquetá, Estêvão et Caio Henrique, habitués des derniers rassemblements, traînent de petits pépins physiques qu’il est important de soigner rapidement pour garantir leur place dans la liste de Carlo Ancelotti.



Neymar, un sujet qui fâche


Autre interrogation qui fait beaucoup débat ces dernières semaines : la présence de Neymar pour la Coupe du Monde. L’idole brésilienne est perçue comme le messie capable d’apporter les ressources techniques pour embellir le jeu de la sélection.


Malgré toutes les qualités qu’on lui connaît, le joueur de 34 ans est souvent contrarié physiquement et peine à enchaîner les rencontres. En 2026, Neymar a disputé douze matchs sur les vingt-huit possibles avec Santos, pour cinq buts. Un bilan assez maigre pour espérer un retour en sélection pour la première fois depuis octobre 2023.


Pour autant, la pression populaire et médiatique pousse à la sélection de l’ancien du PSG. En interview, de grands noms comme Lionel Messi ou Lamine Yamal ont affirmé leur souhait de voir Neymar disputer sa quatrième Coupe du Monde. Une pression qui attirera tous les regards sur le sélectionneur lorsqu’il dévoilera sa liste. Même s’il part de loin, Neymar a été présélectionné dans la liste élargie des 55 joueurs brésiliens légitimes à disputer la compétition. Étant donné les problèmes de création de jeu du Brésil, il reste un atout majeur dont il est difficile d’ignorer les qualités, même lorsqu’il est diminué physiquement.



L’ère Ancelotti, un sentiment de renouveau


Depuis son arrivée sur le banc en mai 2025, Carlo Ancelotti a insufflé un vent de renouveau. Le technicien italien a d’abord assuré la qualification, avec seulement une défaite sur les quatre matchs de qualifications qu’il a dirigés. Les rencontres amicales ont également été rassurantes, avec une courte défaite 2-1 contre la France et une victoire convaincante 3-1 contre la Croatie. Fin 2025, le Brésil a enchaîné deux succès probants face à la Corée du Sud (5-0) et au Sénégal (2-0), même si un nul contre la Tunisie et une défaite face au Japon ont tempéré le plein de confiance des Brésiliens. Retrouvant certains cadres qu’il a connu au Réal Madrid, notamment Vinicius Júnior et Casemiro, Carlo Ancelotti a fédéré plus facilement le groupe pour imposer son système de jeu. Deux derniers tests sont prévus avant le coup d’envoi de la compétition : face au Panama le 31 mai, puis face à l’Égypte le 6 juin.


La confirmation viendra dès le 14 juin, lors du premier match de groupe face à une nation en puissance : le Maroc. Un groupe abordable se présente ensuite, avec des confrontations face à Haïti et à l’Écosse, qui devraient permettre au Brésil de gagner en confiance pour la suite si ces matchs sont abordés avec sérieux afin de ne pas se saborder seul. Reste à savoir si les dernières bonnes performances suffiront à construire une équipe redoutable pour retrouver les joies d’une grande nation du football mondial. Une attente interminable pour tout un pays qui attend un succès depuis 24 ans.


Alexis Tocqueville

Commentaires


bottom of page