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Ntlabakanye suspendu 18 mois : quand le dopage frappe à nouveau à la porte des Springboks


Ntlabakanye : de l’espoir à la suspension


Il avait tout pour devenir l’un des grands piliers de sa génération. À 27 ans, Asenathi Ntlabakanye ne comptait que trois sélections avec les Springboks, mais son profil athlétique en faisait une valeur montante du rugby sud-africain. Sa suspension de 18 mois sonne le coup d'arrêt d'une trajectoire prometteuse et ouvre la voie à de nombreuses questions.


Le 22 mai 2025, son échantillon révèle des traces d’Anastrozole, un modulateur hormonal interdit. Le joueur se déclare lui-même consommateur de DHEA, un stéroïde anabolisant utilisé pour améliorer les performances. La fédération plaide la prescription médicale, mais cela n’évite pas l’émergence d’un scandale dans le scandale. 


Malgré la procédure en cours, Ntlabakanye est rappelé en équipe nationale pour participer à la tournée d’automne en novembre dernier. Le verdict tombe le 14 mai 2026 : il est suspendu pour une durée de 18 mois, le privant ainsi d’une possible participation à la Coupe du Monde 2027.


crédits: Getty Images
crédits: Getty Images

Un problème récurrent en Afrique Du Sud : les autres cas de dopage chez les Springboks


Le cas Ntlabakanye n’est malheureusement pas un cas isolé. Ces dernières années, plusieurs joueurs de l’élite sud-africaine ont été épinglés par les instances internationales.


Le plus emblématique reste Aphiwe Dyantyi. Auréolé du titre de Révélation de l'année par World Rugby en 2018, sa carrière internationale est stoppée net en 2019 par quatre ans de suspension pour dopage. Son échantillon lors d’un stage Springboks révèle trois agents anabolisants formellement interdits par World Rugby. Il reconnaît les faits, et manque la Coupe du monde remportée par ses coéquipiers au Japon.


On compte également Elton Jantjies, demi d’ouverture et champion du monde 2019, reconnu coupable d’utilisation du Clenbuterol, une substance brûle-graisses également connue pour augmenter l’endurance. Il écope de quatre ans de suspension. Une sanction qui sonne définitivement la fin de sa carrière internationale à 33 ans.


Enfin, l’ailier Sbu Nkosi, lui aussi champion du monde 2019, est suspendu trois ans par World Rugby après un contrôle positif à un stéroïde anabolisant en mai 2024. Il devient ainsi après Jantjies le deuxième membre du groupe champion du monde 2019 sanctionné pour dopage.



Une fédération sous pression : trop peu de contrôles, trop de cas


Au-delà des cas individuels, c’est le système dans son ensemble qui interroge. Le nombre de tests effectués par la Fédération sud-africaine est passé de 785 en 2015 à seulement 127 en 2024. À titre de comparaison, l’Angleterre a augmenté le nombre de tests de 25 % sur la même période.


Les chiffres qui en découlent sont accablants. Selon le Telegraph, l’Afrique du Sud aurait cumulé 89 violations antidopage sur la période coïncidant avec ses deux sacres mondiaux

consécutifs (soit environ 20 % du total mondial). Difficile, dans ce contexte, de ne pas poser la question de la responsabilité de la fédération. Il ne s’agit plus de joueurs isolés ayant fait de mauvais choix, mais d’un problème structurel que la fédération ne peut plus ignorer. 

Avec la Coupe du monde 2027 en ligne de mire, les Springboks vont devoir répondre à ces questions sur le terrain, mais surtout en dehors.



Patxi Berrouet



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