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Affaire Narjissi : la Fédération Française de Rugby condamnée pour homicide involontaire ?

La Fédération Française de Rugby pourrait être condamnée pour homicide involontaire après la disparition en mer de Medhi Narjissi en 2024, lors d’un stage avec l’équipe de France des moins de 18 ans en Afrique du Sud.


Crédit : Icon Sport
Crédit : Icon Sport

La mise en examen


Après une audition d’environ quatre heures dans le bureau du juge d’instruction d'Agen, le verdict est tombé. La Fédération Française de Rugby représentée par Florian Grill (Président), a été mise en examen vendredi 24 avril en tant que personne morale pour homicide involontaire, a annoncé le procureur de la République, Olivier Naboulet.

“Nous prenons acte de la décision de mettre en examen la FFR en tant que personne morale. Il s’agit d’une étape intermédiaire de la procédure qui ne constitue en aucun cas une déclaration de culpabilité." - Mathias Chichportich à l’AFP

L’avocat de la FFR dans le cadre de cette affaire, a jugé la décision “contestable en droit”. Un des principaux concernés, Florian Grill, lui ne s’est pas exprimé et aurait emprunté une “porte dérobée” pour s’en aller du tribunal d’Agen, selon Sud Ouest.


Robin Ladauge et Stéphane Cambos, le préparateur physique et le manager du staff au moment des faits, avaient aussi été mis en examen pour homicide involontaire en mai et juin 2025. L’affaire judiciaire avance certes mais la famille, elle, en est au même point.



“On a perdu notre fils.”


Le 7 Août 2024, l’équipe de France U18 effectue un stage en Afrique du Sud dans le cadre de la Fédération. Ce jour-là, le staff prend la décision d’aller faire une séance de récupération sur la plage de Dias Beach, non loin du cap de Bonne-Espérance, plage réputée pour sa dangerosité. C’est sur cette plage et dans ces conditions-là que Medhi Narjissi a été emporté par les vagues et que son corps n’a jamais été retrouvé.



Une famille abandonnée


Même si la justice venait à condamner la FFR, la famille de Medhi Narjissi ne peut s’en réjouir ou s’en contenter. La finalité pour eux reste la même, dur d’être optimiste.  “C'est la suite logique de cette catastrophe.” (l'Équipe). La finalité pour eux reste la même, dur d'être optimiste.


“Il n'est jamais rentré à la maison. Pour ces gens-là, depuis un an et demi, bientôt deux ans, la vie continue. [...] Même si on respire, on ne vit plus. On veut juste que justice soit faite.” Jalil Narjissi, père de Mehdi, à L'Équipe

La famille du jeune joueur se retrouve infiniment seule et dénonce l’absence de soutien des personnes impliquées dans le monde du rugby hormis le Stade Toulousain et le SU Agen, au micro de l’Equipe. C’est en revanche le soutien de personnes inconnues qui leur fait le plus de bien, couplé au soutien de leurs quelques amis. Mais c’est le sentiment d’abandon qui prime sur tout le reste pour le moment.


Les résultats de la mise en examen détermineront si la fédération ou certains de ses membres sont tenus responsables ou non de cet incident. Si cela s'avérait être le cas, les sanctions pourraient s’élever à 225.000 euros d’amendes (la peine maximale qu’une personne morale peut obtenir), la FFR pourrait aussi être condamnée à verser des indemnités civiles à la famille Narjissi. Plus largement la Fédération pourrait voir le fonctionnement de son institution impacté de par un affichage potentiel des condamnations sur leur site, mais aussi la surveillance d’un mandataire qui s'assurerait que le protocole de sécurité ait changé.


Ainhoa Lassalle--Dupeyron


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