L'OM au régime : autopsie d'un couac
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Déficit record, amende par l’UEFA, encadrement par la DNCG… À la veille de la réception de Strasbourg pour le compte de la première journée de Ligue 1 à 20h45, le mercato de l’OM est toujours à l’arrêt. Si l'arrivée de la nouvelle direction et du tandem Génésio-Lorenzi laissait espérer l'amorce d'un nouveau cycle vertueux, la réalité budgétaire est venue couper cet élan. Retour sur la situation marseillaise avec un été en train de virer au cauchemar.
La saison 2024-2025 s'est soldée par un déficit de 104,8 millions d'euros, comme acté par la DNCG. L’exercice 2025-2026 quant à lui n’a pas vu les olympiens accrocher une qualification en Ligue des Champions, ce qui annonce un bilan similaire. L'UEFA a dégainé la première, le 17 juin, avec une amende de 10 millions d'euros pour non-respect du fair-play financier, assortie d'une menace d'exclusion européenne avec sursis. Neuf jours plus tard, DNCG a suivi avec un encadrement strict de la masse salariale et un objectif de vente fixé à 80 millions d’euros avant le 30 juin 2027.
À Marseille, le message est clair : la quasi-totalité de l'effectif dispose d'un bon de sortie. Reste désormais pour la direction à réussir un périlleux numéro d'équilibriste : dégraisser à prix fort sans pour autant saborder les ambitions sportives du club.

Vendre avant d'acheter, mais pourquoi au juste ?
Franck McCourt, propriétaire de l’Olympique de Marseille, a considérablement resserré les finances. Depuis le 8 janvier dernier et la réunion au Koweït avant le trophée des champions, le propriétaire de l’Olympique de Marseille a changé d'ère. L'époque où l'actionnaire américain épongeait les pertes chaque été est révolue… ce modèle ne correspond plus aux attentes du gendarme financier français, ni à celles de McCourt lui-même. Ce dernier semble visiblement lassé de remettre au pot, lui qui a encore réinjecté 120 millions d'euros dans le club en 2026.
Mais il y a une raison plus technique : le Squad Cost Ratio de l'UEFA. La règle est mathématique : le coût global de l'effectif (salaires, amortissement des transferts et commissions d'agents) ne doit pas dépasser 70 % des revenus du club (droits TV, billetterie, sponsoring et plus-values sur les ventes).
Sauf que sur l'exercice 2024-25, l'OM tournait autour de 98 % en ratio brut au lieu des 70% fixés par l’instance. Largement au-dessus des clous, d'où l'obligation, avant même de penser à recruter, de faire baisser drastiquement le coût de l'effectif. Déjà pour assainir les finances mais surtout pour s’offrir une plus grosse marge de manœuvre pour les mercatos suivants.
Pourquoi le mercato patine autant ?
Le travail de Grégory Lorenzi est d’abord de rentrer dans les clous de l’UEFA, avec en premier objectif, liquider les plus gros salaires hérités de la précédente direction (Kondogbia, Aguerd, Balerdi, Højbjerg). La priorité devient une difficulté quand ces mêmes joueurs appartiennent à un deuxième voire troisième échelon de recrutement.
Le chantier des départs est pourtant bien entamé. Mason Greenwood, Aubameyang, Traoré, Rulli et Médina sont déjà partis. Mais la dynamique a subi un coup d'arrêt brutal : les transferts avortés à la dernière minute de Pierre-Emile Højbjerg et de Nayef Aguerd ont provoqué la colère du propriétaire américain, bloquant de manière nette les liquidités attendues. Néanmoins, le travail réalisé est déjà assez avancé, ce qui rapproche l’OM de ses premières arrivées. Les dernières rumeurs évoquent des noms tels que Jean-Clair Todibo ou Michele Di Gregorio, avec des transferts sous forme de prêt.
Et cela devrait continuer ainsi tant que le club n'aura pas atteint les paliers fixés par la DNCG pour commencer à inscrire des joueurs pour la saison 2026-2027. Ainsi, l'échéance ne cesse de se retarder. En l’état, le club phocéen peut recruter à faible coût, mais la ligue refuserait d’homologuer ce contrat tant que les paliers de ventes ne seront pas atteint.
L'effet Genesio comme lueur d’espoir ?
Bruno Genesio n'est pas venu à Marseille pour jouer les seconds rôles ni pour signer le pire exercice du club depuis dix ans — il faut remonter à la triste 13ᵉ place de la saison 2015-2016 pour voir l'OM sombrer ainsi. Mais le nouvel entraîneur connaît la réalité du contexte phocéen et avance avec lucidité.
« J'ai parlé d'Europe, je sais que ça a pu être mal interprété, mais l'Europe, ça va de la première place à la sixième, voire la septième. Je ne me cantonne pas à la petite Coupe d'Europe. On fera du mieux qu'on peut. »
L'Europe est évoqué comme un objectif au micro de l’Equipe le 28 juillet dernier. Le technicien français a l'habitude de briller dans des situations compliquées, comme au LOSC la saison passée. Dans ce marasme institutionnel, une saison de transition sans crise interne, tout en décrochant un billet européen, serait déjà considérée comme une réussite.
Et pourtant, l'OM a des ressources
Malgré la situation actuelle, l’Olympique de Marseille est loin de la faillite. Le club dispose d'actifs entrants estimés à 188 millions d'euros (le 2e le plus élevé du championnat) selon le rapport DNCG 2024-2025. Sur le plan commercial, l’OM vient en outre de signer un contrat d'équipementier majeur avec Adidas à hauteur de 50 millions d'euros par an. Une « hausse très significative, presque le double du précédent engagement avec Puma » (estimé entre 20 et 25 millions d'euros), soulignait récemment une dépêche de l'AFP.
Il y a donc, sur le papier, les moyens de s'auto-suffire à condition de faire les bons choix, de vendre et de ne pas retomber dans les travers qui ont mené à cette situation. Le problème n’est pas que l’OM n’as pas d’argent mais que l’OM depuis des années, c’est la manière de le dépenser. Une situation qui exaspère aussi bien les supporters que le propriétaire qui a su valoriser le club et en faire une vraie place forte financièrement à l’échelle européenne en termes de produits hors mutation.
Nils GUIBERT



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