Julian Alaphilippe et le Tour de France, une page qui se tourne
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- 13 août
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Après huit participations au Tour de France depuis 2016, Julian Alaphilippe s’apprête peut-être à tourner la page de la Grande Boucle. De ses premiers coups d’éclat sous le maillot blanc à son incroyable épopée de 2019, en passant par ses victoires d’étapes et son maillot à pois, le Français aura marqué l’épreuve de son empreinte. Retour sur une décennie où panache, combativité et émotions auront accompagné l’histoire de « Loulou » sur le Tour.
« La nuit ne m'a pas fait changer d'avis. Pour l'instant, je suis concentré sur l'étape d'aujourd'hui (dimanche 26 juillet), puis sur la fin de saison qui arrivera très vite après le Tour. Oui, c'est peut-être mon dernier Tour. »
Au micro de France TV Sports, à quelques heures du départ de la dernière étape du Tour de France 2026, dont l’arrivée sera jugée sur les Champs-Élysées, Julian Alaphilippe s’apprête peut-être à disputer les derniers kilomètres de sa carrière sur la Grande Boucle. Le coureur de Tudor Pro Cycling avait déjà évoqué cette possibilité la veille à Eurosport, à l’arrivée de l’étape de l’Alpe d’Huez. À 34 ans, le Français quitte cette édition sans victoire d’étape et avec le sentiment que le plaisir n’est plus le même. Une fin de chapitre sobre, mais qui n'enlève rien à la passion qu'il aura insufflée pendant dix ans au public français.
Des débuts prometteurs en 2016 sous le maillot blanc à sa blessure au genou qui le prive de l'édition 2017, Julian Alaphilippe a patiemment construit sa légende sur la Grande Boucle avant de tout faire exploser en 2018. Cette année-là, le Français franchit un cap décisif : victorieux coup sur coup au Grand-Bornand puis à Bagnères-de-Luchon au terme de deux numéros d'équilibriste, il dompte la montagne pour ramener le maillot à pois jusqu'au podium des Champs-Élysées. Une consécration fondatrice, palier indispensable avant de faire basculer le Tour de France dans une tout autre dimension l'été suivant.

Le rêve jaune de Julian Alaphilippe
L’année 2019 peut être considérée comme la meilleure saison de Julian Alaphilippe. Sur la lancée d'un printemps étincelant marqué par ses victoires sur les Strade Bianche, Milan-San Remo et la Flèche Wallonne, Julian Alaphilippe aborde le Tour 2019 au sommet de son art. Julian Alaphilippe avait affiché ses ambitions avant même le départ de la Grande Boucle : porter le maillot jaune. Une promesse tenue dès la 3e étape grâce à sa victoire en solitaire à Épernay. S’il cède provisoirement la tunique jaune à l’Italien Giulio Ciccone au sommet de la Planche des Belles Filles, pour seulement six secondes, il ne renonce pas. Quelques jours plus tard, il récupère le maillot jaune à l’issue de l’étape de Saint-Étienne. Aux côtés d’un Thibaut Pinot lui aussi en grande forme, Alaphilippe entretient plus que jamais l’espoir de voir un Français remporter enfin le Tour de France.
Pendant quatorze jours, Julian Alaphilippe défend son maillot jaune avec panache. Il suffit de penser au contre-la-montre de Pau, qu’il remporte avec brio, repoussant encore un peu plus ses adversaires au classement général. Le lendemain, il fait une nouvelle fois parler sa combativité en s’accrochant avec les meilleurs grimpeurs du Tour de France. Alors qu’il ne figurait pas parmi les favoris dans l’ascension du Tourmalet, il termine deuxième de l’étape derrière Thibaut Pinot et engrange de précieuses secondes de bonification. Dès le lendemain, le Français commence toutefois à montrer ses premières limites dans la montagne et perd du temps sur ses principaux rivaux. Malgré tout, les supporters présents au bord des routes ou sur les réseaux sociaux continuent d’y croire et de le soutenir.
A force de faiblir dans la dernière semaine, il finit par perdre le maillot jaune lors de la 19e étape entre Saint-Jean-de-Maurienne et le col de l’Iseran. L’étape est toutefois interrompue avant son terme, juste avant la montée vers Tignes, en raison d’un violent épisode de grêle ayant rendu la route impraticable. Dépossédé de sa tunique, le Français tente malgré tout de sauver sa place sur le podium, mais cède définitivement lors de la dernière étape de montagne et recule finalement à la cinquième place du classement général. Élu supercombatif du Tour, Alaphilippe quitte la Grande Boucle avec une popularité encore renforcée auprès du public français. Une question restera néanmoins dans les esprits : que se serait-il passé si la 19e étape avait pu aller à son terme ?
La fin progressive d’une histoire
Après une édition 2019 particulièrement réussie, Julian Alaphilippe arrive sur les routes du Tour de France 2020 avec l’ambition de porter une nouvelle fois le maillot jaune. La 107e édition se déroule au mois de septembre en raison de la pandémie de Covid-19. Le Français atteint son objectif dès la 2e étape en s’imposant à Nice devant Marc Hirschi et Adam Yates, une victoire qu’il dédie à son père, décédé quelques semaines avant le départ du Tour. Il porte le maillot jaune jusqu’à la 5e étape avant de le perdre à la suite d’une pénalité, au profit d’Adam Yates. Il ne connaît plus de véritable coup d’éclat sur cette édition, mais s’offre quelques semaines plus tard un nouveau moment fort en devenant champion du monde à Imola. L’année suivante, Alaphilippe endosse une nouvelle fois le maillot jaune dès le premier jour en s’imposant à Landerneau, signant sa dernière victoire sur le Tour. Il ne conserve toutefois sa tunique qu’une journée, avant de la céder le lendemain et de reculer au classement général. Il se montre encore à plusieurs reprises dans les échappées, sans parvenir à décrocher une nouvelle victoire.
Lors des années suivantes, le physique commence toutefois à montrer ses limites. Malgré un nouveau titre de champion du monde en 2021 à Louvain, la suite est plus compliquée. En 2022, Alaphilippe n’est pas retenu par Quick-Step pour le Tour de France, après une préparation perturbée par de nombreuses chutes depuis le début de la saison. L’année suivante, il retrouve la Grande Boucle, mais ne pèse plus véritablement sur la course, avec un seul Top 10 sur les 21 étapes. En 2024, pour sa dernière saison avec Quick-Step, le Français choisit de découvrir le Tour d’Italie plutôt que de revenir sur le Tour de France. Un choix payant puisqu’il remporte une étape et devient le 108e coureur à avoir gagné au moins une étape sur chacun des trois Grands Tours. 2025 sonne comme l’année du renouveau avec son arrivée chez Tudor Pro Cycling. Mais son Tour de France tourne rapidement au cauchemar : il termine 56e du classement général, malgré plusieurs tentatives dans les échappées.
Pour sa huitième participation au Tour de France en dix ans, Julian Alaphilippe n’est plus vraiment en forme. Il ne fait plus partie des favoris sur les étapes destinées aux puncheurs et cela se voit très vite… Le Français de 34 ans est en méforme dès le départ et la seule fois où il se distingue, il termine dernier alors qu’il avait pris part à une échappée de quatre coureurs. L’étape était destinée aux sprinteurs et devient la plus rapide de l’histoire du Tour, confirmant les difficultés du Français malgré son envie de bien faire. Sa meilleure performance, une 29e place sur cette édition, survient à l’Alpe d’Huez, la veille de l’arrivée sur les Champs-Élysées et surtout le jour où il annonce qu’il pourrait disputer sa dernière Grande Boucle. Dix ans après ses premiers coups de pédale sur le Tour, Julian Alaphilippe semble désormais prêt à tourner la page d’une histoire qui aura marqué la course et toute une génération de supporters français par son panache, ses émotions, ses farces, mais surtout sa combativité.
Lucas SALEMI

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