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Formule 2 2026 : une première moitié de saison riche en révélations avant une bataille qui s'annonce explosive (1/3)

La Formule 2 a confirmé une nouvelle fois qu'elle était l'antichambre la plus impitoyable du sport automobile. Après neuf manches et dix-huit courses disputées, la saison 2026 a déjà livré son lot de surprises, de confirmations et de désillusions. Si Nikola Tsolov aborde la pause estivale en tête du championnat, rien n'est encore joué. Derrière le Bulgare, Gabriele Minì et Rafael Câmara restent dans son sillage, tandis que plusieurs outsiders rêvent encore d'un retour. Retour sur une première partie de championnat qui a tenu toutes ses promesses.



Crédits: AFP
Crédits: AFP

Une nouvelle génération sous les projecteurs


Chaque saison de Formule 2 marque un renouvellement important de la grille, mais 2026 symbolise peut-être encore davantage le changement de génération. Libérée par le départ des têtes d'affiche de la catégorie (Martins, Crawford, Verschoor, Fornaroli), la grille accueille une nouvelle vague de talents bien décidés à taper dans l'œil des écuries de Formule 1. 


Champion de Formule 3 en 2025, Rafael Câmara faisait naturellement figure de favori avant le début de saison. Le Brésilien retrouvait Invicta Racing, l'équipe championne en titre, avec l'ambition de poursuivre sa progression. Face à lui, Nikola Tsolov débarquait chez Campos Racing avec une réputation tout aussi solide après avoir terminé vice-champion de F3. Gabriele Minì, Alexander Dunne ou encore Kush Maini faisaient également partie des candidats annoncés à la couronne. Mais comme souvent en Formule 2, les pronostics n'ont pas résisté longtemps à la réalité de la piste.



Nikola Tsolov en patron 


Et à ce jeu-là, c'est Nikola Tsolov qui a frappé le plus fort. Dès les premières manches, Nikola Tsolov a envoyé un message limpide à ses rivaux. Rapide sur un tour, particulièrement solide en gestion de course et faisant preuve d’une grande constance, le pilote Campos Racing s'est progressivement installé en tête du championnat. Là où ses concurrents ont alterné coups d'éclat et week-ends noirs, le Bulgare a su limiter les erreurs. Même lorsque la victoire lui échappait, il a réussi à sécuriser de précieux points, une qualité indispensable dans une catégorie où les écarts sont extrêmement serrés.


Cette régularité explique largement son avance au classement général. À l'issue du rendez-vous hongrois, il totalise 167 points, soit une vingtaine d'unités d'avance sur Gabriele Minì et Rafael Câmara. Une marge intéressante, mais loin d'être suffisante alors qu'il reste encore cinq manches à disputer.


Au-delà du simple bilan comptable, Tsolov impressionne par sa maturité. Plus agressif lors de ses premières saisons dans les formules de promotion, il semble avoir trouvé le parfait équilibre entre attaque et gestion. Une évolution qui attire forcément les regards des écuries de Formule 1.



Campos Racing retrouve les sommets


Si Nikola Tsolov domine le championnat pilotes, Campos Racing est sans doute le grand vainqueur collectif de cette première partie de saison. L'écurie espagnole ne repose pas uniquement sur son leader: Noel León s'est imposé comme l'une des révélations de l'année.


Souvent discret lors de son passage en Formule 3, le Mexicain a franchi un cap en F2. Plus constant qu'attendu, capable de se battre pour les podiums et désormais vainqueur en course principale, il est devenu un précieux lieutenant pour Nikola Tsolov.  Capable de jouer régulièrement les premiers rôles, il a apporté de nombreux points au championnat équipes, permettant à Campos de creuser un écart conséquent sur ses principaux rivaux. Longtemps considéré comme un pilote rapide mais parfois brouillon, León semble avoir franchi un véritable cap dans la gestion des courses et des pneumatiques.


Avec 261 points avant la pause estivale, la structure espagnole possède la meilleure dynamique du plateau devant Invicta Racing et MP Motorsport. Un retour au sommet qui récompense un travail de reconstruction mené depuis plusieurs saisons, d'autant plus surprenant que Campos ne présentait pas le duo le plus expérimenté du plateau sur le papier.



Gabriele Minì, la force de la régularité


Dans la chasse lancée derrière le leader bulgare, Gabriele Minì fait figure de menace la plus directe. 

Si l'Italien n’a pas toujours affiché la pointe de vitesse la plus spectaculaire, il s’impose comme l'un des pilotes les plus complets de cette première moitié de saison. Installé chez MP Motorsport, il a construit son championnat avec intelligence. Rarement hors du coup, il est presque toujours resté dans les points. Minì a parfaitement exploité les opportunités qui se sont présentées à lui. Cette approche lui permet de rester de manière durable à la deuxième place du championnat malgré une concurrence particulièrement relevée. Dans une catégorie aussi imprévisible que la Formule 2, cette capacité à enchaîner les gros résultats constitue souvent la meilleure arme pour viser le titre.



Rafael Câmara confirme son statut


Champion de Formule 3 l'an passé, Rafael Câmara savait qu’il serait attendu au tournant. Le Brésilien n'a pas déçu. Si son adaptation à la Formule 2 a parfois demandé quelques courses, il s'est rapidement imposé comme l'un des hommes forts du championnat. Sa vitesse naturelle, notamment en qualifications, fait régulièrement la différence.


Troisième du classement général avec seulement deux points de retard sur Minì, il reste pleinement engagé dans la lutte pour le titre. Sa montée en puissance observée avant la pause estivale laisse penser qu'il pourrait devenir l'homme à battre lors de la reprise. De quoi confirmer les espoirs placés en lui par la Scuderia, qui continue de croire en son potentiel. Si cette progression se poursuit, une place dans l'environnement de la Formule 1 pourrait rapidement devenir une réalité.



Les déceptions de cette première moitié


À l'inverse, certains noms attendus aux avant-postes n'ont pas encore répondu aux attentes.


PREMA Racing, référence historique des catégories de promotion, peine à retrouver la domination qui faisait sa force il y a encore quelques saisons. Malgré le talent de Mari Boya et Sebastián Montoya, l'écurie italienne n'a jamais véritablement réussi à s'immiscer dans la lutte pour le championnat. Même constat pour Hitech, qui disposait pourtant d'un effectif intéressant. Les performances restent trop irrégulières pour espérer rivaliser avec Campos Racing, MP Motorsport ou Invicta Racing sur l'ensemble de la saison. D'autres pilotes expérimentés comme Dino Beganovic ou Joshua Dürksen ont alterné entre très belles performances et week-ends beaucoup plus compliqués, les empêchant de s'installer durablement parmi les candidats au titre.



Une lutte pour le titre qui promet d'être intense


À cinq manches de la fin du championnat, difficile de désigner un favori incontestable. Certes, Nikola Tsolov aborde la reprise avec le statut de leader, mais son avance reste suffisamment faible pour être remise en cause dès un week-end compliqué. Avec le système de points de la Formule 2, une victoire en Feature Race, un bon résultat en Sprint et quelques points bonus peuvent rapidement faire basculer la hiérarchie. Le Bulgare possède néanmoins plusieurs arguments en sa faveur. Sa régularité est exceptionnelle depuis le début de saison, Campos Racing dispose de l'une des monoplaces les plus performantes du plateau. En plus de cela, Tsolov semble avoir franchi un cap dans sa gestion des moments importants. Là où il pouvait se mettre à la faute sous pression, le bulgare affiche désormais une sérénité qui rappelle celle des champions.


Face à lui, Gabriele Minì reste probablement le rival le plus constant. L'Italien n'a jamais véritablement quitté le trio de tête du championnat et continue de maximiser chaque opportunité. Si MP Motorsport parvient à gagner quelques dixièmes en qualifications, Minì pourrait rapidement revenir au contact de son rival.


Rafael Câmara, lui, représente peut-être la plus grande inconnue. Le Brésilien a parfois connu une phase d'adaptation logique en début d'année, mais sa progression est constante depuis plusieurs rendez-vous. Si cette dynamique se confirme à Monza puis sur les circuits urbains de Bakou et de Madrid, il pourrait devenir le principal prétendant au titre. Les trois hommes se tiennent en quelques dizaines de points seulement à la pause estivale, laissant présager une fin de saison particulièrement ouverte.



La Formule 1 en ligne de mire


Au-delà du championnat, chaque week-end de Formule 2 est aussi une audition permanente devant les équipes de Formule 1.


Nikola Tsolov (RedBull Junior Team) sait qu'un titre renforcerait considérablement son dossier qui est déjà bien avancé selon certaines rumeurs. Gabriele Minì continue d'évoluer dans l'environnement d'Alpine, tandis que Rafael Câmara bénéficie toujours du soutien de la Ferrari Driver Academy. Alexander Dunne reste également très suivi grâce à sa vitesse naturelle et son potentiel.


Dans un contexte où plusieurs équipes de Formule 1 préparent déjà leurs effectifs pour 2027, les prochaines courses auront une importance capitale. Une victoire dans un week-end sous pression ou une série de podiums peut parfois peser autant qu'un championnat dans les discussions internes.


Cette dimension rend la Formule 2 particulièrement fascinante. Chaque dépassement, chaque qualification et chaque erreur peuvent avoir des conséquences bien au-delà du classement général.



Une catégorie en excellente santé


Au-delà du suspense sportif, cette première moitié de saison confirme une tendance observée depuis plusieurs années : la Formule 2 demeure l'une des catégories les plus relevées du sport automobile.


La diversité des vainqueurs, l'homogénéité des performances entre les équipes et la qualité du plateau démontrent que l'antichambre de la Formule 1 continue de remplir son rôle à la perfection. Les jeunes pilotes y apprennent à gérer la pression, les stratégies, les pneus et les départs, tout en affrontant des adversaires qui visent tous le même objectif.


La saison 2026 illustre également le renouvellement permanent des générations. Après les sacres successifs d'Oliver Bearman, Gabriel Bortoleto ou Leonardo Fornaroli, une nouvelle vague de talents frappe désormais à la porte de la Formule 1. Plusieurs d'entre eux semblent déjà prêts à franchir le dernier palier.



Un final sous haute tension


Si cette première partie de championnat a permis de dégager une hiérarchie, elle n'a en rien désigné un champion. Nikola Tsolov a pris les commandes grâce à une remarquable régularité, mais Gabriele Minì et Rafael Câmara restent plus que jamais dans son sillage. Derrière eux, Alexander Dunne ou encore Noel León auront à cœur de terminer la saison sur une note forte, quitte à jouer les arbitres dans la lutte pour le titre.


Les cinq derniers rendez-vous promettent donc un scénario haletant. Entre la pression liée au championnat, les opportunités de convaincre les équipes de Formule 1 et l'incertitude propre à la Formule 2, tous les ingrédients sont réunis pour offrir une fin de saison spectaculaire.


Une chose est certaine : à l'heure où le paddock s'apprête à reprendre la route après la pause estivale, aucun pilote ne peut encore se permettre de regarder trop loin. En Formule 2, tout peut basculer en l'espace d'un seul week-end, et c'est précisément ce qui fait tout le sel de cette catégorie.



Alwena Gerbaud

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